L’été joue les prolongations, en transformant le pays en une immense plaque chauffante. Si Kateb Yacine était encore vivant, il aurait écrit : « l’été redouble de férocité ». Le Ramadhan, conjugué avec la canicule ambiante, accentue le dérèglement des sens. Et la Mare n’échappe pas à ce grand cafouillage ramadhano-caniculaire où tous les ingrédients sont réunis pour dynamiser la bêtise et dynamiter le bon sens. Il est vrai que quand on a un creux dans l’estomac, on a du mal à creuser les méninges et les idées ne sont pas aussi claires qu’un alléchant morceau de zlabia Boufarik. Même si, à partir du ftour, « le mois sacré » devient le mois sucré, les écrits restent indigestes, because une, deux, trois feuilles rappellent les mille-feuilles et le jeûneur ne tape pas sur son clavier avec autant de plaisir qu’il tape dans un plat de Qelb ellouz. Le résultat est bien là. La production de perles et d’exercices de style est excédentaire, en ce mois béni de carême. Et en guise de couffin de ramadhan, nous avons jugé utile de créer, pour vous, une rubrique jouyeusement dédiée aux perles ramadhanesque. Si vous êtes pressés de goûter à notre kelb ellouz, cliquez ici. Non, nous n’allons pas tout balancer sur le site, dans la présente édition. La sagesse nous dicte de stocker les excédents pour des moments de disette. On ne sait jamais. La mare est imprévisible. La preuve en est que la DDK n’a pas eu droit de citation dans ce numéro.
A part le jeûne, les jeunes harragas ont défrayé la chronique avec leurs héroïques faits de rames. Désormais, ils risqueraient le gnouf si les gardes-côtes mettaient la main sur eux. Enfin, le pouvoir se penche sur le sort de nos harragas ! C’est plus facile de leur construire des prisons que de jouer aux marins prêcheurs aptes à les prendre comme des raies dans les rets de prêchi-prêcha aux bétaillons desquels le chômage et la misère sont inconnus.
L’actualité a été émaillée aussi par l’arrêt de la grève de la faim des enseignants contractuels et la tenue des universités d’été des partis politiques dont la plus intéressante (c’est-à-dire la plus cocasse) est celle du FLN qui a permis à Belkhadem de fustiger encore une fois ces salauds de francophones (« francophone » étant un terme qui pourrait signifier en l’occurrence quiconque n’excelle pas dans l’écriture calligraphique de l’arabe classique). L’ex-premier ministre nous a appris que « la langue arabe n’est pas seulement la langue du Coran et de l’Islam, elle est également une langue scientifique. Cela, ne nous étonne pas, que certains qui ont perdu leur identité la méprisent. » (Plagié sur Algérie News du 25-08-08). Le malheur de la langue arabe, ce n’est pas qu’elle soit ascientifique, c’est plutôt qu’elle soit défendue par d’incultes goujats qui sont incapables d’apprécier Khalil Djobrane, Darwish, Amine Zaoui, Kebbani, Tayeb Salah, Laâredj, Adonis, Ahlam Mostghanemi et bien d’autres.
Ah, mon Dieu! Qu'est-ce qu'il peut être barbant ce barbu sans envergure qui confond la cravate et le turban, l'art et le lard (la yadjouz), la culture et le culte !
S'il ne tenait qu'à moi, je l'aurais interné dans un asile de fous. Mais comme je n'ai aucun pouvoir pour exaucer mon voeu que beaucoup d'entre vous partagent avec moi, sans doute, je substituerai à l'internement...l'Internet. Quitte à faire des déçus, je lui taperai dessus.
Le Moulin à perles Derrière le fond de teint phraséologique se cachent
souvent de petites "bestioles" linguistiques communément
appelées: "les perles".
Hilarité garantie.
Exercices de style Le débraillé du style et les
infractions à la langue pullulent
dans la grande mare aux
canards. De quoi tordre le cou
aux " exercices de style" de
Raymond QUENEAU !
Vue sur la mare Même si ça sent le réchauffé, l'actualité n'a rien perdu de sa fraîcheur. A suivre de près!
Pavés dans la mare C'est du pur canardage (ne pas confondre avec "canardement"). LCDLM ne tire pas sur les canards; elle se contente de tirer un certain plaisir de leur côté cocasse. Un point c'est tout.
La mare d'antan De géniales babioles dégotées dans la presse de chez nous d'il y a quelques années. Comme quoi notre mare aux canards n'a jamais été imperméable à l'humour.
Pâturage culturel Des comptes rendus de lecture (s) et d'expositions de peinture... souvent drôlichons. Du barbotage culturel pas forcément maresque. Quand il n' y a pas de l'herbe pâturable sur les berges de la Mare, nous la cherchons ailleurs pour vous en parler.
Hypothèses des colles Définitions du Monde et des choses de la vie auxquelles parviennet les têtes pensantes et les leaders de la claivoyance. . . On en apprend tous les jours.